Demain au programme

Quel plaisir de voir l’impulsion citoyenne fourmiller en faveur de l’énergie durable…

Les citoyen·ne·s s’activent pour aller vers un monde meilleur, tant mieux.

Grâce à Demain, c’est aujourd’hui, vous pouvez découvrir leurs initiatives, comprendre le lien avec l’énergie durable et les enjeux dont la société doit absolument se saisir pour garantir un avenir viable aux citoyen·ne·s.

Grâce à la campagne, nous avons interpellé le monde politique afin que nos décideurs préparent demain, dès aujourd’hui. A travers le site et les retours des échanges de terrain (porteur·se·s d’initiatives, citoyen·ne·s intéressé·e·s, ceux·elles qui ont profité ou vont profiter des animations), nous avons relevé une série de constats: 

  • Les citoyen·ne·s sont intéressé·e·s par ce qui se passe chez eux·elles, au plus proche au mieux.
  • Il·elle·s attendent du politique des signaux clairs pour permettre plus de justice, climatique et sociale.
  • Il·elle·s sont motivé·e·s par les énergies renouvelables mais craignent de mettre un mode de fonctionnement « solidaire » en péril (tout le monde qui paient pour quelques nantis qui mettent du photovoltaïque, par exemple).
  • L’idée de transition leur parle à leur niveau local, mais ils ne voient pas comment généraliser les choses où les mettre à une échelle supérieure.

Ces préoccupations ont été rencontrées par une thématique qui nous tient à coeur. A l’APERe, nous plaidons depuis des années pour le principe de l’autoconsommation collective, qui est revenu de nombreuses fois lors des échanges menés dans le cadre de Demain, c’est aujourd’hui. De façon à la fois évidente et presque trop simple, c’est un levier qui permet de répondre à des enjeux environnementaux, économiques et sociaux. Quand on leur explique, les citoyen·ne·s ont des réactions du type « bon sang mais c’est bien sûr ! ».

L’autoconsommation collective, c’est la prochaine étape du développement photovoltaïque solidaire partout en Europe.

Il s’agit de rendre possible, par un cadre légal adapté, le raccordement de plusieurs consommateurs situés dans un même quartier à une installation photovoltaïque locale.

On peut imaginer de nombreux cas de figure : un particulier qui équipe son toit et partage son surplus d’électricité solaire à ses voisins, une école qui alimente en électricité une bibliothèque et un magasin, une grande toiture qui alimente les entreprises d’un zoning, une église qui partage son électricité avec son voisinage … Bref, tout devient possible.

La nouvelle directive européenne sur les énergies renouvelables définit des notions de « communauté énergétique » et d’« autoconsommation », ce qui peut se traduire concrètement par des projets d’autoconsommation collective. Des réalisations vont donc se développer dans les Etats membres.

Ce modèle est intéressant à plusieurs niveaux :

  • Consommer son électricité solaire coûte désormais moins cher qu’acheter de l’électricité à un fournisseur – y compris en Belgique. Le modèle d’autoconsommation collective est donc rentable sans subside. Il joue sur deux atouts :
    • Une installation photovoltaïque de grande taille (et partagée) s’avère plus compétitive que plusieurs installations individuelles.
    • La complémentarité entre différents types de consommateurs (des écoles ou entreprises qui consomment en journée, des ménages qui consomment plutôt le soir et tôt matin, …) augmente le taux d’autoconsommation local et donc l’avantage économique.
  • Ce modèle permet à tout consommateur d’avoir accès à une toiture solaire. Un ménage dont le toit est à l’ombre pourra ainsi quand même bénéficier d’une électricité solaire. De même, un locataire (ménage ou entreprise) qui ne peut pas équiper son propre toit pourra rejoindre la centrale solaire collective.
  • Il permet de bénéficier du soleil sans devoir investir. Des consommateurs à faible budget peuvent bénéficier de l’installation collective. Ce modèle permet notamment d’alimenter des logements sociaux en électricité solaire à prix avantageux pour les locataires.
  • Il facilite la gestion du réseau car l’autoconsommation collective atténue les pointes d’injections grâce aux différents profils de consommation.
  • Enfin, ce modèle favorise les initiatives locales et collectives vers une transition énergétique.

En Belgique aussi, le contexte économique est mûr pour initier un modèle d’autoconsommation collective rentable et sans subsides :

  • Le kWh solaire est avantageux ;
  • Le principe de la compensation ne s’applique pas pour les grandes installations (>10 kWc), les grandes entreprises ont donc tout intérêt à booster leur autoconsommation, y compris en partageant leur production solaire avec d’autres consommateurs (ce qui n’est pas encore possible légalement). Ceci est financièrement plus avantageux que revendre l’électricité sur le réseau.

Actuellement, pour une grande entreprise, un projet photovoltaïque est rentable immédiatement dès que l’autoconsommation atteint 70% de la production solaire. Si l’entreprise ne peut atteindre ce taux, elle aurait tout intérêt à partager et vendre sa production solaire à d’autres consommateurs.

Si l’installation photovoltaïque est déjà possible en copropriété, les trois Régions doivent désormais adopter un cadre réglementaire qui autorise et facilite l’autoconsommation collective à l’échelle d’un quartier, ce qui favorisera le développement d’un plus grand nombre de projets.

« Il s’agit d’un choix politique de rendre l’autoconsommation économiquement intéressant en Belgique », explique Benjamin Wilkin, Secrétaire général de l’APERe. « Les pouvoirs publics arrêtent de soutenir la production photovoltaïque, devenue compétitive, mais peuvent désormais soutenir une production solaire associée à une autoconsommation, en adoptant un cadre incitatif sans subside ».

Dans ce contexte, l’APERe a travaillé à la fois au niveau politique (participation aux organes consultatifs) et au niveau de la participation citoyenne pour défendre une vision qui cadre complètement avec nos valeurs et notre vision de société. En effet, l’autoconsommation collective offre bien plus d’avantages que les aspects de production énergétique :

  • C’est un moyen possible pour lutter contre la précarité énergétique, comme le montre l’expérience allemande dans les logements sociaux.
  • C’est un moyen peu coûteux d’augmenter la sécurité d’approvisionnement et de lutter contre le black-out en augmentant la production renouvelable locale.
  • C’est un moyen de valoriser les réseaux électriques existants de manière plus intelligente et sans devoir investir dans l’infrastructure.
  • C’est un moyen de susciter les économies d’énergie.
  • C’est un moyen d’améliorer la balance commerciale de la Belgique via la réduction de ses importations d’énergie.
  • C’est un moyen d’augmenter la solidarité.

Un mémorandum pour faire passer le message

Tandis que les choses avançaient au niveau politique (voir article La Wallonie avance sur l’autoconsommation collective de Renouvelle), nous avons profité des interventions de terrain et des échanges menés dans le cadre de la campagne pour sonder les citoyen·ne·s. L’article Comment vendre son électricité solaire à son voisin ? livre les échos des conférences participatives menées autour de six questions concrètes qui ont émergé de l’assistance, et auxquelles les participant·e·s ont cherché des réponses avec l’aide des conférenciers de l’APERe :

  • Via un réseau privé ou via le réseau public ?
  • Vendre ou donner son électricité solaire ?
  • Comment gérer le comptage et les factures ?
  • Comment assurer la fiabilité et la sécurité d’approvisionnement ?
  • Quel prix d’achat ou de vente aux voisins ?
  • Comment financer le réseau ?

Les résultats sont à découvrir dans l’article… Ils sont éloquents pour la faisabilité de la suite. De manière intéressante, la valeur du service du réseau a émergé de façon assez évidente.

D’un point de vu culturel, cette dynamique d’autoconsommation collective peut révolutionner complètement notre rapport aux énergies renouvelables. Avec le potentiel des toitures belges, c’est une opportunité gigantesque. Reste à voir comment la mettre en pratique. Un des retours fréquents est qu’il fallait créer des outils. Bonne nouvelle, l’APERe a toute l’expertise pour le faire.

La Wallonie avançait bien… nous avons voulu profiter de son impulsion pour inciter les autres niveaux de pouvoir à en faire autant. Le mémorandum pour l’autoconsommation collective était né. Nous avons choisi de le rendre extrêmement concret et précis, afin de garantir aux citoyen·ne·s cette place qu’on veut leur assurer dans le marché de l’énergie de demain. Il est relativement technique, à dessein.

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Nos dix mesures concrètes ont le mérite :

  • de créer un modèle solidaire et équitable d’échange entre citoyens.
  • de ne pas avoir d’effets régressifs, dans la mesure où elles favorisent l’accès à l’énergie renouvelable pour tou·te·s.
  • de permettre aux régions d’atteindre et dépasser leurs objectifs renouvelables sans devoir investir massivement dans le réseau, dont la barrière recule.
  • de faire avancer le débat en mettant des propositions sur la table qui permettent aux deux niveaux de pouvoir (régional et fédéral) de discuter concrètement.

L’autoconsommation collective permet de capter localement les valeurs économiques, de rendre le renouvelable accessible à tous et d’ouvrir la possibilité de se passer de subsides. C’est le moment de saisir le renouvelable à bas coûts, pour tous.

Le message est passé !

Excellente nouvelle tombée en mars 2019 : la Wallonie a autorisé le principe de l’autoconsommation collective jusque-là interdit.

« Selon le communiqué officiel, ce nouveau modèle permettra différentes applications, principalement dans le domaine photovoltaïque :

  • Un ménage qui produit plus qu’il n’en a besoin peut désormais s’associer avec d’autres ménages qui ne produisent pas, afin de leur vendre le surplus d’électricité à un tarif avantageux ;
  • Un immeuble résidentiel peut installer de manière commune des panneaux sur son toit afin de répartir la production avec les habitants de l’immeuble ;
  • Plusieurs entreprises peuvent s’associer afin de répartir leur production/consommation sur la journée afin de consommer au maximum lors des pics de production d’énergie et moins le reste du temps ;
  • Une autorité locale (par exemple un CPAS) peut installer des panneaux sur un immeuble de logements sociaux afin de faire bénéficier les locataires d’une énergie verte à moindre coût.
  • Et bien d’autres combinaisons sont encore possibles. »

Le principe est acquis… reste à voir comment le mettre concrètement en application. C’est la raison pour laquelle notre mémorandum s’est concentré sur des aspects techniques et réglementaires précis. En cette période de formations de gouvernements, la communication à ce sujet est à nouveau nécessaire. Loin d’être un lobby, nous avons remis nos recommandations dans les mains des associations environnementales dont c’est l’action principale.

En complément de notre démarche d’éducation permanente, nous avons trois projets en cours pour avancer en bonne entente avec les acteurs du secteurs (gestionnaires des réseaux de distribution, régulateurs, citoyen-ne-s prêt-e-s à s’engager dans des projets pilotes). Le plus grand frein au déploiement massif du photovoltaïque résidentiel s’apprête à être levé… avec une démarche qui permettra à tou-te-s d’avoir accès à cette énergie renouvelable, durable, et de facto… solidaire.

Cette thématique nous occupe depuis un moment, et nous n’avons pas fini d’en parler et d’y travailler… Il est encourageant de voir que les interventions de terrain et les échanges de Demain, c’est aujourd’hui ont confirmé la pertinence du modèle et la nécessité de le faire résonner encore et encore, avant d’influencer sa mise en application, d’une façon qui mettra (enfin) le·a citoyen·ne au cœur du système énergétique. Affaire à suivre…

Et les autres recommandations ?

Vous pouvez également découvrir les recommandations des initiatives elles-mêmes dans leurs fiches (une recherche sur "recommandations" dans la page des initiatives vous les montrera directement). Elles ont été transmises aux associations les plus légitimes pour s'en saisir.

 

 

 

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